📋 Actualité juridique – Mars 2026

Fin de la trêve hivernale 2026 : le guide complet du propriétaire

Tout ce que vous devez savoir sur la reprise des expulsions, le rôle du commissaire de justice et les démarches à entreprendre en Gironde.

📅 Fin de la trêve :  31 mars 2026 à minuit


Comprendre la trêve hivernale

Cadre juridique, dates clés et fondements légaux de la protection des occupants pendant l’hiver.

La trêve hivernale est la période durant laquelle toute mesure d’expulsion d’un occupant de son logement est interdite, même si le propriétaire bénéficie d’une décision de justice exécutoire ordonnant cette expulsion.

Instaurée pour protéger les personnes les plus vulnérables pendant les mois les plus froids, elle s’étend chaque année du 1er novembre au 31 mars inclus. Ces dates ont été fixées par la loi ALUR du 24 mars 2014.

Pour la période 2025-2026, la trêve a débuté le 1er novembre 2025 et s’achèvera le 31 mars 2026 à minuit.

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Point essentiel : La trêve hivernale suspend uniquement l’exécution des mesures d’expulsion. Elle n’empêche pas le propriétaire d’engager ou de poursuivre une procédure judiciaire devant le juge des contentieux de la protection. Une décision d’expulsion peut donc être rendue pendant la trêve ; seule son exécution forcée est reportée au 1er avril.

Le principe de la trêve hivernale est posé par l’article L.412-6 du Code des procédures civiles d’exécution (CPCE) :

📜 Article L.412-6 du CPCE

« Nonobstant toute décision d’expulsion passée en force de chose jugée et malgré l’expiration des délais accordés en vertu des articles L.412-1 à L.412-6, il est sursis à toute mesure d’expulsion non exécutée à la date du 1er novembre de chaque année jusqu’au 31 mars de l’année suivante, à moins que le relogement des intéressés soit assuré dans des conditions suffisantes respectant l’unité et les besoins de la famille. »

Ce dispositif est complété par plusieurs textes :

  • Articles L.412-1 à L.412-5 du CPCE – délais et formalités d’exécution
  • Loi ALUR du 24 mars 2014 – fixation des dates actuelles de la trêve (1er novembre – 31 mars)
  • Loi du 27 juillet 2023 (dite « loi anti-squat ») – renforcement des exceptions à la trêve
  • Article 226-4-2 du Code pénal – délit d’expulsion illégale (3 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende)
⚠️

Attention : Toute expulsion menée en dehors du cadre légal – y compris par le propriétaire lui-même pendant ou hors trêve hivernale – constitue un délit pénal. Seul un commissaire de justice peut procéder à l’exécution d’une décision d’expulsion.

La trêve hivernale n’est pas absolue. Le législateur a prévu plusieurs situations dans lesquelles l’expulsion reste possible, même entre le 1er novembre et le 31 mars :

🏠

Relogement assuré

Lorsqu’un relogement adapté aux besoins et à la composition de la famille est proposé dans des conditions suffisantes.

🚪

Squatteurs d’un domicile

Les personnes entrées dans le domicile d’autrui par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte (résidence principale ou secondaire).

⚖️

Violences conjugales

Le conjoint, partenaire de PACS ou concubin violent dont l’expulsion a été ordonnée par le juge aux affaires familiales.

🏗️

Arrêté de mise en sécurité

Les occupants d’un immeuble faisant l’objet d’un arrêté de mise en sécurité (péril ou insalubrité).

🔑

Squatteurs d’autres lieux

Les personnes entrées illégalement dans un lieu autre que le domicile. Le juge peut supprimer ou réduire la trêve.

🎓

Logements étudiants

Les occupants de locaux spécialement destinés à l’hébergement d’étudiants, lorsqu’ils ne remplissent plus les conditions d’occupation.

📜 Loi du 27 juillet 2023 – « Loi anti-squat »

Cette loi a renforcé les exceptions à la trêve hivernale en excluant expressément les squatteurs entrés par voies de fait dans un domicile, qu’il s’agisse de la résidence principale ou secondaire du propriétaire.

La procédure d’expulsion étape par étape

De la première mise en demeure à l’expulsion effective : chaque phase détaillée avec ses délais légaux. Cliquez sur une étape pour en savoir plus.

1
⏱ J+3 à J+15 après l’impayé
Relances amiables et mise en demeure

Adresser des relances écrites puis une mise en demeure par LRAR au locataire dès le premier impayé.

Conservez les preuves de toutes les relances (courrier, e-mail). Cette phase amiable peut suffire à provoquer la régularisation. Il est crucial de documenter chaque échange : quittances, relevés, courriers. La mise en demeure n’est pas obligatoire mais fortement recommandée pour fonder votre action future.

2
⏱ Délai de 2 mois pour le locataire
Commandement de payer

Acte signifié par le commissaire de justice rappelant la dette et mentionnant la clause résolutoire du bail.

Si le bail contient une clause résolutoire, le propriétaire fait délivrer un commandement de payer. Le locataire dispose alors de 2 mois pour régler sa dette. Le commissaire de justice signale obligatoirement ce commandement à la CCAPEX (Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives) lorsque l’impayé dure depuis 2 mois ou atteint 2 fois le montant du loyer mensuel.

3
⏱ 6 semaines à 3 mois
Assignation devant le tribunal

Saisine du juge des contentieux de la protection, avec information obligatoire du préfet.

L’assignation est signifiée par commissaire de justice. Le propriétaire doit informer le préfet par LRAR au moins 2 mois avant l’audience (article L.412-5 du CPCE). Un diagnostic social et financier (DSF) est établi et transmis à la CCAPEX avant l’audience.

4
⏱ Variable selon la juridiction
Jugement d’expulsion

Le juge peut constater ou prononcer la résiliation du bail et ordonner l’expulsion.

Le juge peut également accorder des délais de paiement pouvant aller jusqu’à 3 ans si le locataire est en situation de régler progressivement sa dette (articles L.412-3 et L.412-4 du CPCE). Pendant la trêve hivernale, le jugement peut être rendu mais l’exécution forcée est reportée.

5
⏱ Délai de 2 mois pour le locataire
Commandement de quitter les lieux

Le commissaire de justice notifie l’obligation de libérer le logement sous 2 mois.

Cet acte est notifié au préfet. C’est à cette étape que la trêve hivernale bloque l’exécution : si le commandement est délivré avant le 31 mars, l’expulsion effective ne pourra intervenir qu’à compter du 1er avril. Le délai de 2 mois peut être modifié par le juge (article L.412-1 du CPCE).

6
⏱ Après le 1er avril 2026 (hors trêve)
Expulsion effective

Le commissaire de justice procède à l’expulsion, si nécessaire avec le concours de la force publique.

L’expulsion s’effectue entre 6h et 21h, hors dimanches et jours fériés. En cas de refus d’ouverture, le commissaire de justice dresse un procès-verbal de tentative et peut solliciter le concours de la force publique auprès du préfet. Le préfet dispose de 2 mois pour répondre ; son silence vaut refus et ouvre droit à indemnisation par l’État (article R.153-1 du CPCE).

⚙️

Le rôle du commissaire de justice

  • Signification du commandement de payer
  • Signalement obligatoire à la CCAPEX
  • Signification de l’assignation devant le tribunal
  • Signification du jugement d’expulsion
  • Délivrance du commandement de quitter les lieux
  • Exécution de l’expulsion avec procès-verbal et inventaire
  • Demande de concours de la force publique
🏛️

L’étude LBL, implantée à Bordeaux et Branne, intervient sur toute la Gironde et le ressort de la Cour d’appel de Bordeaux.

Questions fréquentes

Les réponses juridiques aux interrogations les plus courantes sur la trêve hivernale et la procédure d’expulsion.

Non. La trêve hivernale ne fait que reporter l’exécution de l’expulsion. Les dettes de loyers continuent de courir pendant toute la période. Le locataire reste redevable de l’intégralité des loyers et charges échus, y compris ceux accumulés pendant les mois de novembre à mars.

Non. Pendant la trêve hivernale, le locataire bénéficie du maintien dans les lieux avec accès à l’eau courante, au chauffage et à l’électricité, même en cas de factures impayées. Les fournisseurs d’énergie ne peuvent pas procéder à des coupures entre le 1er novembre et le 31 mars.

Référence : Article L.115-3 du Code de l’action sociale et des familles.

Oui, absolument. La trêve hivernale ne suspend que l’exécution forcée de l’expulsion. Le propriétaire peut valablement engager toutes les démarches judiciaires pendant cette période : commandement de payer, assignation, audience, obtention d’un jugement d’expulsion.

Le préfet dispose d’un délai de 2 mois pour répondre à la demande (article R.153-1 du CPCE). Son silence vaut refus.

En cas de refus, le propriétaire peut engager la responsabilité de l’État et obtenir une indemnisation couvrant le préjudice subi (loyers perdus, frais de procédure…). La procédure s’effectue auprès du préfet, avec possibilité de recours devant le tribunal administratif.

Non, si l’entrée a eu lieu par voies de fait. Depuis la loi du 27 juillet 2023, les personnes entrées dans un domicile (résidence principale ou secondaire) par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte sont expressément exclues du bénéfice de la trêve hivernale.

Pour les lieux autres que le domicile (garage, terrain…), le juge peut décider de supprimer ou de réduire la durée de la trêve.

Le juge de l’exécution peut accorder des délais allant de 3 mois à 3 ans (articles L.412-3 et L.412-4 du CPCE) en tenant compte de la situation personnelle et familiale du locataire (âge, santé, emploi…).

Ces délais sont accordés à condition que le locataire soit en mesure de régler progressivement sa dette et qu’il reprenne le versement intégral du loyer courant.

Commissaires de Justice

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